🐀 Lettre D Un Poilu À Sa Femme

PubliĂ©esle 28 mars 2013. 1914-1918 lettres de Poilus. Par les Ă©lĂšves de 3e L SEGPA collĂšge Beaumarchais Ă  Meaux. Dans le cadre d'un projet autour du MusĂ©e de la Grande Guerre Ă  Meaux, chaque Ă©lĂšve de la classe de 3e L de la SEGPA du collĂšge Beaumarchais, (Professeur: Julien Longchambon), a choisi une lettre de Poilu qu'il a lue constituĂ©des lettres envoyĂ©es par ce soldat Ă  sa famille. Ces lettres sont d'une importance capitale pour nous, qui n'avons pas connu cette guerre et cette Ă©poque. Nous tenons Ă  remercier Manon Fabre, ancienne Ă©lĂšve du collĂšge Nicolas ContĂ© de RĂ©gny, qui nous a permis de dĂ©couvrir cet Ă©change Ă©pistolaire, mais Ă©galement Mme DĂ©moliĂšre qui a eu la Lapetite-fille d'un soldat de 14-18 retrouve les lettres cachĂ©es de son aĂŻeul Ă  l'occasion d'un dĂ©mĂ©nagement. OubliĂ©es pendant des dĂ©cennies, les lettres d’un soldat de la PremiĂšre guerre mondiale ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es par hasard Ă  la faveur d’un dĂ©mĂ©nagement. Les descendants du Poilu en ont fait un livre. Jevous souhaite Ă  toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous mĂ©ritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cƓur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravĂ©s dans ma mĂ©moire, seront mon dernier rĂ©confort avant la fin. EugĂšne ton mari qui t’aime tant. (publiĂ©e par LR Leucart sur Facebook) Objectifs: 1/ Je lis des lettres de Poilus 2/ J’apprends Ă  percevoir l’ironie dans un texte Qu’est-ce qu’un “poilu” ?Le terme “poilu” dĂ©signe tous les soldats français qui ont combattu lors de la PremiĂšre Guerre Mondiale de 14-18. Les conditions de combat atroces des poilus, notamment dans les tranchĂ©es, face aux soldats allemands, ont Lettred’un Poilu dĂ©crivant Ă  sa femme l’enfer d’un combat de la bataille de Verdun Le 31 aoĂ»t 1916, Albert LEMORE de Saint-Rimay (Loir-et-Cher) fait Ă  son Ă©pouse “Fanie” un rĂ©cit dĂ©taillĂ© d’un combat de la bataille de Verdun auquel il vient de participer : Éditiondu lundi 11 novembre 2019. À Redon, en Ille-et-Vilaine, un jeune homme a dĂ©couvert des lettres d'amour d'un poilu. Il a pu les rendre Ă  son petit-fils. Le trĂ©sor Ă©tait cachĂ© sous STALINE un monde nouveau vu Ă  travers un homme ZOLA. LETTRES de lenine A SA famillr, prĂ©sentĂ©es par Henri Barbusse avec la collaboration d'Alfred Kurella. Les ouvrage» dont les titres sont suivis du signe Il ont Ă©tĂ© publiĂ©s par la Librairie Flammarion. Les"poilus" de la guerre de 14-18 dans notre famille. "Chers beaux-frĂšres". Nous avons la chance d'avoir un lot de cartes postales expĂ©diĂ©es par ces "poilus" Ă  nos arriĂšre-arriĂšre-grands-parents, Georges PEZEAU et Louise MOUNIER. Ces cartes sont Ă©crites au crayon pour la plupart. Ces hommes n'ont pas fait d'Ă©tudes, il font des fautes d Ilfaut vous imaginer plongĂ© dans les lettres de Hertz en 1915 sur le front, dans celles de sa femme, dans des archives militaires veilles d’un siĂšcle et des carnets de campagne, levant le nez sur BFMTV et, devant le spectacle d’une salle de concert mitraillĂ© par des terroristes islamistes, devant les images de jeunes gens abattus comme des Prometsmoi aussi ma douce LĂ©onie, lorsque le temps aura lissĂ© ta douleur, de ne pas renoncer Ă  ĂȘtre heureuse, de continuer Ă  sourire Ă  la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite Ă  toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous mĂ©ritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cƓur au bord des larmes. Jet Ă©cris allongĂ© dans du foin, Ă  la lumiĂšre d'une bougie. Je l'ai dit Ă  Ferry, je l'ai dit au lieutenant. Joffre passerait je crois que je l'arrĂȘterais pour le lui dire, mais il est loin quelque part vers le front, plus prĂšs des Boches que nous en ce moment. maxime. Re: question sur une lettre de poilu. Lexpression marraine de guerre dĂ©signe les femmes ou les jeunes filles qui entretiennent des correspondances avec des soldats au front durant la PremiĂšre Guerre mondiale afin de les soutenir moralement, psychologiquement voire affectivement.Il s'agissait souvent de soldats livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes, ayant par exemple perdu leur famille. La marraine de guerre Alorsque l’exposition sur “Les femmes pendant la guerre 1914-1918” s’achĂšvera ce samedi, Nicole Perilhon viendra lire des lettres de ses grands-parents lors de cette guerre, ce vendredi 15nov. 2019 - Les Poilus, HĂ©ros Ă©ternels " La sentence est tombĂ©e : je vais ĂȘtre fusillĂ© pour l'exemple, demain, avec six de mes camarades, pour re ConfidentialitĂ©. Pinterest. Aujourd'hui. Explorer. Lorsque les rĂ©sultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flĂšches Haut et Bas pour vous dĂ©placer et la touche EntrĂ©e pour sĂ©lectionner. Pour les mmxTPA. Lettre d’EugĂšne-Emmanuel Lemercier Ă  sa mĂšre, 22 fĂ©vrier 1915 Tu ne peux savoir, ma mĂšre aimĂ©e, ce que l’homme peut faire contre l’homme. Voici cinq jours que mes souliers sont gras de cervelles humaines, que j’écrase des thorax, que je rencontre des entrailles. Les hommes mangent le peu qu’ils ont, accotĂ©s Ă  des cadavres. Le rĂ©giment a Ă©tĂ© hĂ©roĂŻque nous n’avons plus d’officiers. » Lettres d’un soldat, Chapelot, 1916, p. de Henri Barbusse Ă  sa femme, 21 juin 1915 Dans le boyau mĂȘme, il y avait des cadavres qu’on ne peut retirer de lĂ  ni ensevelir on n’a pas eu le temps jusqu’ici, et qu’on piĂ©tine en passant. L’un d’eux, qui a un masque de boue et deux trous d’yeux, laisse traĂźner une main qui est effilochĂ©e et Ă  moitiĂ© dĂ©truite par les pieds des soldats qui se hĂątent, en file, le long de ce boyau. On a pu le voir, le boyau Ă©tant couvert Ă  cet endroit, on a allumĂ©, une seconde. N’est-ce point macabre, ces morts qu’on use de la sorte comme de pauvres choses ? » Lettres de Henri Barbusse Ă  sa femme, 1914-1917, Ernest Flammarion Ă©diteur, 1937, p. de Maurice Genevoix, 1915 Cette guerre est ignoble j’ai Ă©tĂ©, pendant quatre jours, souillĂ© de terre, de sang, de cervelle. J’ai reçu Ă  travers la figure un paquet d’entrailles, et sur la main une langue, Ă  quoi l’arriĂšre-gorge pendait
 
 Je suis Ă©cƓurĂ©, saoul d’horreur. » CitĂ©e dans Les Eparges 1923, Ceux de 14 1949, Flammarion, 1990, p. de Fernand LĂ©ger Ă  Louis Poughon, 30 octobre 1916 Les dĂ©bris humains commencent Ă  apparaĂźtre aussitĂŽt que l’on quitte la zone oĂč il y a encore un chemin. J’ai vu des choses excessivement curieuses. Des tĂȘtes d’hommes presque momifiĂ©es Ă©mergeant de la boue. C’est tout petit dans cette mer de terre. On croirait des enfants. Les mains surtout sont extraordinaires. Il y a des mains dont j’aurais voulu prendre la photo exacte. C’est ce qu’il y a de plus expressif. Plusieurs ont les doigts dans la bouche, les doigts sont coupĂ©s par les dents. J’avais dĂ©jĂ  vu cela le 13 juillet en Argonne, un type qui souffre trop se bouffe les mains. Pendant prĂšs d’une heure avec des attentions de chaque minute pour ne pas me noyer car tu n’ignores pas que de nombreux blessĂ©s meurent noyĂ©s dans les trous des 380 qui ont 3 mĂštres de profondeur et pleins d’eau. [...] Il faut savoir ces choses-lĂ . » Fernand LĂ©ger, une correspondance de guerre, Les Cahiers du MusĂ©e national d’art moderne, Hors sĂ©rie / archives, 1997, p. inconnu Paroles prononcĂ©es par un pupille de l’Assistance publique, quelques secondes avant sa mort, le 22 mai 1916 Ecrivez Ă  Monsieur Mesureur que G. est mort Ă  Verdun, qu’il est perdu dans un grand champ de bataille comme un jour il fut trouvĂ© dans la rue. » La derniĂšre lettre Ă©crite par des soldats français tombĂ©s au champ d’honneur, 1914-1918, Flammarion, 1921, p. 129. Vous n’avez pas pu et ne pourrez pas y Ă©chapper, dans quelques jours, nous fĂȘterons le centenaire de l’armistice de 1918, un siĂšcle que cette boucherie atroce a cessĂ©, sans empĂȘcher, malheureusement, d’autres conflits d’apparaĂźtre ensuite, et d’augmenter encore le nombre des morts. Nous aurons droit, une fois encore, Ă  toutes ces images de tranchĂ©es, d’obus qui explosent, de gueules cassĂ©es, de sang et de larmes. Nous aurons droit Ă  ces commentaires lancinants, touchants, chargĂ©s de tristesse ou d’espoir
 Le seul moyen de survivre au milieu du chaos, de ne pas sombrer dans l’horreur de la mort, de l’odeur des cadavres, du froid, de la pluie, de la faim et de la peur, c’était de prendre un crayon et un feuillet de papier et de s’échapper, d’aller rejoindre par la pensĂ©e, Ă  l’autre bout du fil des mots, celle qu’on aimait. Oui, s’il existe un havre d’amour, c’est bien dans ces millions de lettres que tous ces hommes ont envoyĂ©es Ă  leur femme, leur mĂšre, leur sƓur ou leur fiancĂ©e. Émile Sauvage faisait partie de ceux-lĂ . NĂ© Ă  Caderousse puis habitant Ă  Sorgues, en Vaucluse, il a d’abord Ă©tĂ© ingĂ©nieur, ce qui Ă  30 ans passĂ©s, lui avait permis de voyager, au Maghreb, entre autres, de voir le monde, d’autres cultures. Il est parti comme beaucoup en aoĂ»t 1914, lui, c’était Ă  Avignon, pour un regroupement sur la cĂŽte, Ă  Beaulieu, ce qui lui fera dire Ă  sa femme Il ne me manque que toi, Clairette ! Si tu Ă©tais lĂ , nous tirerions deux fauteuils l’un contre l’autre et, bien moelleusement assis, nous causerions de toutes les jolies choses que nous aimons. » Émile Sauvage va, bien entendu, se rapprocher du front, doucement, car grĂące Ă  son Ăąge, il n’est pas en premiĂšre ligne dĂšs le dĂ©part. Cela lui laissera le temps d’envoyer 150 lettres Ă  Clairette, qu’il signera Ton Moumouye ». Il l’aidera Ă  gĂ©rer la ferme familiale, choisir les semailles Il ne faut pas semer des Ă©pinards dans l’aire, c’est une terre trop maigre. Le lĂ©gume ne fera rien. Il faut au contraire semer dans le jardin entre les lignes de millet et il faudra mettre beaucoup de fumier dans le jardin. », l’aider Ă  prĂ©parer sa grossesse. Il la plaindra, elle qui reste lĂ , Ă  tout faire seule, alors que pour lui
 tout va bien
 Je m’habille bien et n’ai pas froid. Nous sommes trĂšs bien nourris, la table est toujours garnie comme pour les jours de fĂȘte. ». Il minimisait le danger, se jouant des situations Ce vacarme inquiĂ©tait les Allemands qui envoyaient des fusĂ©es Ă©clairantes et nous avons assistĂ© Ă  un vĂ©ritable feu d’artifice. C’était trĂšs joli Ă  voir et pas dangereux du tout. » Il comparera les modes de cultures entre la Champagne et la Provence, ouvrant toujours ses mots vers un avenir meilleur, un aprĂšs
 Par-dessus tout, il lui Ă©crira des lettres d’amour, toutes plus tendres et enflammĂ©es les unes que les autres. Je suis fou, Clairette, fou de bonheur et d’espoir. Quelque chose chante dans mon cƓur. Il me semble que ta lĂšvre effleure la mienne, que ton corps glisse dans mes bras. » Alors, vois-tu, plus je vais et plus je suis amoureux de toi, et il me semble de ton cĂŽtĂ© que c’est la mĂȘme chose et que nous nous aimerons de plus en plus Ă  mesure que nous vieillirons. Est-ce que tu ne rĂȘves pas de moi quelquefois ? Il ne te semble pas la nuit que je suis Ă  cĂŽtĂ© de toi, que je te serre bien fort, que nos deux cƓurs se frĂŽlent. Je ne sais pas ce que je ferai pour te faire plaisir, ni quelle caresse je pourrai te donner pour te caresser plus encore. » Et quand il terminera ses lettres ainsi, on comprendra combien le lien d’amour est le seul qui les garde en vie et ne fait pas vaciller sa raison Quand tu m’écriras, dis-moi un peu des choses amoureuses et alors je prendrai ton portrait d’une main et ta lettre de l’autre et il me semblera que je te fais la cour. Maintenant je vais m’endormir en pensant Ă  toi, le joli rĂȘve que je vais faire ! Que de bĂ©cots je vais te faire toute la nuit ! Papa Moumouye. » Il y aurait tant Ă  dire sur ce recueil de lettres
 tant d’émotion, tant d’amour, tant de tendresse. Lorsque vous ouvrirez Lettres du Front, vous lirez Émile Sauvage sur la couverture. Peut-ĂȘtre qu’en le refermant, il sera devenu Émile, cet aĂŻeul que nous avons tous perdu dans les tranchĂ©es. Dominique Lin Lettres du Front, nouvelle Ă©dition augmentĂ©e 2018, collection MĂ©moires premiĂšres lettres en ligne, cliquer ici ISBN 978-2-911137-63-1 – 160 pages, format 210 X 240 mm Pour les plus jeunes, nous vous conseillons, dans la collection Ă©lan J, Grand-pĂšre Ă©tait dragon, de Denise DĂ©jean, illustrĂ© par Nathalie Desperches Boukhatem. RĂ©sumĂ© En arrivant en cours d’annĂ©e dans sa nouvelle Ă©cole, Jean est intimidĂ©. Il bĂ©gaie et les autres se moquent de lui. C’est en faisant un devoir donnĂ© par Babette, son institutrice, que l’enfant dĂ©couvre qu’un de ses arriĂšre-grands-pĂšres Ă©tait
 dragon. ISBN 978-2-911137-62-4. 32 pages quadri - 10 € Chronique prĂ©cĂ©dente Des pissenlits sur ma tombe, Jean-Philippe Chabrillangeas, Ă©d. Elan Sud 50 km seulement sĂ©parent la place Saint-Aubin, Ă  Toulouse, de la mairie de Cintegabelle, Ă  la lisiĂšre de l’AriĂšge. Manon Hoarau a pourtant mis un peu plus de deux ans Ă  les parcourir, pour rendre les lettres de Joseph Avignon Ă  son petit-neveu, qui ignorait jusqu’alors l’existence de ce Poilu, mort pour la France des suites de ses blessures Ă  l’hĂŽpital de Sainte-Menehould Marne, le 28 janvier histoire Ă©mouvante et Ă  rebondissements, la jeune femme de 24 ans la raconte dans un superbe documentaire d’un peu plus de 20 minutes, disponible sur YouTube et rĂ©alisĂ© avec le vidĂ©aste Sylartichot. A l’origine de l’aventure, donc, quelque 110 lettres datant de la PremiĂšre Guerre mondiale rĂ©cupĂ©rĂ©es par l’actuelle mĂ©diatrice culturelle Ă  Paris, alors Ă©tudiante Ă  Toulouse, auprĂšs d’un brocanteur qui venait de vider une maison. Cela m’a pris des semaines pour les trier et les remettre dans l’ordre chronologique », explique-t-elle. Manon Hoarau fait alors la rencontre de Joseph Avignon, cultivateur nĂ© Ă  Gaillac-Toulza avant d’aller vivre Ă  Lagardelle-sur-LĂšze, au sud de Toulouse, de sa femme Maria et de leur petite Valentine. Si elle dĂ©couvre vite, via son carnet militaire disponible sur Internet, que le Haut-Garonnais n’est jamais revenu du front, elle finit par remiser son rĂȘve de retrouver une descendante Ă  qui remettre ses lettres. Rencontre dĂ©cisiveSeulement assoupi, l’espoir s’éveille de nouveau cet Ă©tĂ©, aprĂšs la rencontre avec Sylartichot. Il m’a dit que c’était une histoire incroyable, qu’il fallait impliquer sa communautĂ© [ abonnĂ©s sur YouTube] et lancer une bouteille Ă  la mer sur Twitter. » Chose faite le 20 septembre. En moins d’une semaine, on avait retrouvĂ© un descendant, en deux semaines, on le rencontrait Ă  la mairie de Cintegabelle et en un mois et demi, on finalisait le documentaire. »Car la petite histoire dans l’Histoire mĂ©ritait d’ĂȘtre contĂ©e, et les contributeurs qui ont menĂ© Ă  cet Ă©pilogue, tel le twittos Tadoukoz, d’ĂȘtre y a deux ans dans un vide-grenier j'ai trouvĂ© dans une grande valise une sĂ©rie de lettres envoyĂ©es pas un soldat de la premiĂšre Guerre Mondiale Ă  sa femme. Il lui raconte ses longues journĂ©es de marche les heures d'attente dans les tranchĂ©es et les terrifiants moments d'assaut Manon Hoa ManonHoa September 20, 2019 AprĂšs avoir explorĂ© la piste Valentine, dont la fille et donc petite-fille du Poilu mourra sans enfant, furetĂ© en vain du cĂŽtĂ© de Pierre, le fantasque frĂšre de Joseph, l’enquĂȘte aboutira Ă  Alain Boutet, retraitĂ© de Cintegabelle et petit-fils de Maria, la demi-sƓur du hĂ©ros du documentaire Ă  ne pas confondre avec sa femme, dont sa grand-mĂšre ne lui avait jamais parlé  Joseph m’a touchĂ©, car il avait une personnalitĂ© trĂšs forte, reprend Manon Hoarau. Au fur et Ă  mesure de ses lettres, j’ai eu l’impression d’apprendre Ă  le connaĂźtre. Il a une vraie force de narration, comme lorsqu’il raconte les assauts. Dans les premiĂšres lettres, il protĂšge Ă©normĂ©ment sa famille. Et puis, il y a un point de bascule
 »Au fur et Ă  mesure que le temps avance, que le conflit s’enlise, que les hommes tombent autour de lui, le cultivateur du Sud-Ouest ne se soucie plus des apparences, ni de la censure. Il raconte, souvent crĂ»ment, les horreurs de la guerre, les corps dĂ©chirĂ©s par les obus, l’ennemi qu’on ne hait pas mais qu’il faut tuer pour ne pas qu’il vous tue. Il y a des lettres avec de la terre dessus, des marques, trĂšs dures Ă  dĂ©chiffrer. »Joseph Avignon, nĂ© Ă  Gaillac-Toulza, a ensuite vĂ©cu Ă  Lagardelle-sur-LĂšze. Son petit-neveu habite Ă  Cintegabelle. - Maps4NewsDĂ©sormais, la jeune femme et son compĂšre vidĂ©aste vont mettre en ligne le courrier brut, avec ses taches et ses fautes d’orthographe. AprĂšs lui avoir Ă©chappĂ© tant de fois, Joseph Avignon a Ă©tĂ© rattrapĂ© par la mort, Ă  quelques semaines de ses 28 ans. Comme prĂšs de dix millions d’autres soldats de la Grande Guerre, tous pays confondus. Le 31 aoĂ»t 1916, Albert LEMORE de Saint-Rimay Loir-et-Cher fait Ă  son Ă©pouse “Fanie” un rĂ©cit dĂ©taillĂ© d’un combat de la bataille de Verdun auquel il vient de participer “Ma ChĂšre Fanie, je vais te raconter nos misĂšres et je profite d’un moment oĂč nous sommes un peu tranquilles. Nous sommes donc partis d’Haudainville le 25 au soir et arrivĂ©s avec beaucoup de peines vers deux heures du matin le 26 Ă  notre emplacement. En arrivant nous n’avions pour tout que des trous d’obus pour nous cacher. J’ai oubliĂ© de te dire que nous sommes un peu Ă  droite de Fleury et dans un bois oĂč il ne reste que les ruines en l’air en face le Fort de Vaux. Je crois que l’endroit s’appelle Vaux Chapitre. Je te disais donc que nous n’avions que des trous d’obus pour nous abriter, nous nous sommes donc mis Ă  travailler pour nous creuser quelques abris. Nous Ă©tions tout le rĂ©giment, c’est-Ă -dire trois bataillons, le mien c’est le 5Ăšme, le bombardement a commencĂ© vers neuf heures et lĂ  il a fallu nous cacher dans nos trous car comme je t’avais dit nous savions que l’on nous faisait attaquer ce qui Ă©tait loin de nous plaire et quand nos artilleurs ont commencĂ© Ă  tirer les boches n’ont pas Ă©tĂ© paresseux ils avaient de quoi rĂ©pondre Jusqu’à cinq heures du soir notre artillerie n’a cessĂ© de tonner c’était lĂ  l’heure de l’attaque. Deux compagnies par bataillon devaient attaquer et la troisiĂšme de soutien. C’était chez nous la 17 et 18 et nous nous Ă©tions en arriĂšre mais pas de beaucoup 50 Ă  soixante mĂštres. A l’heure de sortir, c’est-Ă -dire dĂšs que les boches ont aperçu les premiers hommes français ils ont redoublĂ© de croissance leurs bombardements, les fusils et mitrailleuses se sont mis en marche et les quelques courageux qui Ă©taient montĂ©s les premiers sont tombĂ©s de suite les autres plus prudents ne sont pas sortis l’attaque a donc Ă©chouĂ© complĂštement. On devait nous faire remettre ça le lendemain Ă  la 19Ăšme mais lĂ  pas un n’aurait sorti de son trou, mais comme les pertes Ă©taient dĂ©jĂ  trĂšs Ă©levĂ©es et en plus que toute la nuit nous avions souffert du bombardement et de la pluie qui tombait Ă  flots il y a heureusement eu contre ordre, mais le 28 ça Ă©tĂ© le tour aux boches aprĂšs nous avoir bombardĂ©s violemment ils ont essayĂ© une premiĂšre attaque vers huit heures et une seconde une heure plus tard eux aussi sont tombĂ©s sur un manche et n’ont pu sortir. Le lendemain soir 29 nous avons encore cru Ă  une attaque ennemie mais elle n’a pas eu lieu. Ce matin Ă  huit heures ils ont recommencĂ© mais lĂ  encore ça s’est terminĂ© en peu de temps et ni nous ni eux ne pouvons avancer sous un pareil feu, c’est atroce et honteux de voir de pareilles choses. Comme pertes nous n’avons pas beaucoup de tuĂ©s mais encore que trop, quant aux blessĂ©s ils sont nombreux et tant mieux pour celui qui a la bonne blessure. Ce qui est le plus Ă  dĂ©plorer c’est que beaucoup sont tuĂ©s ou blessĂ©s par nos canons de 75 ce matin encore Ă  la compagnie il y a un tuĂ© et cinq blessĂ©s par notre artillerie. C’est cela qui nous dĂ©courage le plus de voir des camarades tomber par nous. Je ne te donnerai pas grands dĂ©tails sur les camarades du pays mais je crois qu’ils sont en bonne santĂ©. J’ai eu des nouvelles d’Edmond DOLBEAU le lendemain de l’attaque qu’il n’avait rien. Son caporal GRENET de Saint-Martin doit ĂȘtre blessĂ©. Je n’ai pas de nouvelles de RENIER ni de Louis FURET mais je crois qu’ils n’ont rien et quoi que nous avons peut-ĂȘtre encore plusieurs jours Ă  faire dans ce mauvais coin j’espĂšre m’en tirer sain et sauf 
 Enfin, depuis six jours ma pauvre femme il y a le tiers d’hommes blessĂ©s dans le rĂ©giment. Au revoir et Ă  demain. Je t’embrasse de tout cƓur ainsi que toute la famille. Albert LEMORE Ă©tait nĂ© le 18 juin 1877 Ă  Saint-Rimay, fils de RenĂ© et Marie ROUSSELET. Exerçant la profession de vigneron, il habitait au lieu-dit Villebazin Ă  Saint-Rimay. Ayant Ă©pousĂ© NoĂ©mie HUBERT, nommĂ©e Fanie dans sa lettre, il avait deux enfants RenĂ© nĂ© en 1906 et Albert nĂ© en 1910. Il avait Ă©tĂ© incorporĂ© le 3 aoĂ»t 1914 au 86Ăšme rĂ©giment d’infanterie territoriale. Il fut tuĂ© Ă  l’ennemi le 15 aoĂ»t 1918 Ă  Vic-sur-Aisne.

lettre d un poilu Ă  sa femme